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2e Ligue NE

«Un championnat amateur se joue sur 22 matches, pas sur 11»

Le foot amateur version COVID-19 avec son bal de restrictions, d’inconnues, de règles et de tracasseries a eu raison du plaisir au sein du groupe coaché par Pascal Vallat. Avec dix points en huit matches, le FC Marin, habitué à jouer les chefs de file en 2e Ligue neuchâteloise, n’a pas surfé sur la vague du succès.

Dans un football privé de son osmose sociale par la situation pandémique, Marin et son chef d’orchestre n’ont pas réussi à trouver leur bonheur, leur savoureux rituel magique terrain-résultats-convivialité ayant volé en éclats. Au téléphone plutôt qu’à la buvette, Pascal Vallat a livré une analyse tout en sagesse sur un début de saison tronqué à tous les niveaux.

Pascal, dites-nous tout d’abord comment vous vous portez…

Ma foi pas trop mal. J’ai pour l’instant été épargné par le COVID, alors qu’il y a eu de nombreux cas dans mon entourage.

Parlons football… L’ANF a enfin publié un calendrier de reprise à la fin de la semaine dernière… Ca vous permet au moins de planifier la suite de la saison…

Oui, jusqu’ici c’était le calme plat. On ne pouvait rien faire depuis qu’on s’était arrêtés. On a vu que les dates de reprise étaient celles qui avaient été prévues pour le deuxième tour. On y disputera les matches à rattraper du premier et les deux premières journées du deuxième tour se joueront sur des semaines anglaises.

Vous n’avez pas l’air convaincu par ce programme…

Non, on voit bien que le but principalement poursuivi, c’est de finir le 1er tour. C’est du blabla tout ça. Un championnat c’est 22 matches. Aller-retour. Je comprends bien qu’un club comme Yverdon, qui a investi beaucoup d’argent l’an dernier pour rien et qui n’a pas été promu alors qu’il avait fait l’essentiel du boulot n’aie pas envie d’être floué une deuxième fois. Quand tu investis tu as forcément envie de retomber sur tes pattes. J’ai aucun problème avec ça, tant qu’on parle du football pro. Dans notre cas, on est des amateurs. On n’obtient pas une promotion ou on ne subit pas une relégation après onze matches. Ca n’a aucun sens. C’est une question d’équité.

Après avoir déjà arrêté et annulé la saison dernière, ne pensez-vous pas que les dirigeants ont peut-être pris la moins mauvaise décision et édictant cette règle? Peut-être qu’une deuxième saison pour beurre aurait sonné le glas du foot amateur?

Non, je ne pense pas que l’on puisse tuer le foot amateur. On n’a aucune obligation sinon celle du plaisir. Et lorsque l’arbitraire règne, il n’y a plus de plaisir.

Parlons-en du plaisir… Est-ce que vous en avez pris durant ce premier tour, difficile pour vous?

Avec tout ce qui était lié au COVID, honnêtement non. On a perdu nos repères avec cette situation. Le football, tel qu’on le conçoit à notre niveau, c’est de l’engagement en match et à l’entraînement, mais c’est aussi de la camaraderie et de la convivialité après. En temps normal, on s’organisait de nombreuses bouffes et il n’était pas rare qu’on refasse le monde à la cantine autour de quelques bières après les entraînements. C’est ça la normale… C’est ça le foot amateur.

Marin

Marin - Xamax2 (15)
Marin - Xamax2 (12)
Marin - Xamax2 (20)
Marin - Audax (36)
Marin - Audax (24)
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Marin - Xamax2 (15) Marin - Xamax2 (12) Marin - Xamax2 (20) Marin - Audax (36) Marin - Audax (24) IMG_1954 IMG_1926

Photos: H. Nicolet/G. Bohnenstengel

La Coronavirus et son cortège de nouvelles donnes sont omniprésents… A quel point ont-ils perturbé votre début de saison?

Énormément. On a perdu tous nos repères. Cette pandémie a amené des peurs. Tout le monde n’avait pas la tête au foot. Tout était anormal, on n’avait jusqu’ici jamais fait du foot dans ces conditions.

C’est difficile de se projeter et d’estimer à quel moment on pourra reprendre les bonnes vieilles habitudes…

Oui, j’espère que ce sera le plus rapidement possible. Il est important qu’on puisse reprendre dans des conditions normales. S’entraîner à cinq, avec des masques, ne pas pouvoir se doucher après l’entraînement ni traîner ensuite à la buvette… Tout cela nuit à la cohésion du groupe et a une influence sur les résultats. J’ai discuté avec le président Christophe Vuilliomenet. Si la situation devait perdurer, franchement je ne me vois pas recommencer une saison dans les mêmes conditions l’été prochain. Ça ne m’intéresse pas.

Vous êtes à ce point pessimiste?

Non je suis même plutôt optimiste et j’espère que tout va rentrer dans l’ordre et qu’on va pouvoir terminer cette saison comme il se doit, en disputant nos 22 matches. J’ai hâte de reprendre. Je m’en réjouis! D’autant plus que j’ai compris ce qui n’avait pas fonctionné cet été et pourquoi notre parcours avait été en dents de scie. Mais la situation actuelle est pénible. On est dans le foot amateur pour le plaisir. Le foot amateur est là pour nous sortir des problèmes du quotidien, pas pour nous les rappeler. Or, aujourd’hui, autour des terrains, on ne parle que de Coronavirus. La bouffe, les verres d’après-match font partie intégrante du foot amateur. Là on en est réduit à jouer les matches par obligation, parce qu’il faut les faire. Et tout le reste a disparu.

On rebondit sur le début de votre tirade… Qu’avez-vous compris et qu’allez-vous corriger?

Mon contingent est en grande partie composé d’éléments expérimentés que ce soit au niveau de l’âge ou du vécu footballistique, sans doute que la donne aurait été différente avec des jeunes. Mais là, j’ai des gars qui se disent que c’est peut-être leur dernière saison et ils se retrouvent dans cette situation si triste. C’est un facteur qui a sans doute plus pesé que je ne l’avais imaginé.

Et puis au niveau de la préparation, j’avais commis des erreurs cet été. Comme on a un grand contingent, j’avais prévu de nombreux matches amicaux afin de faire tourner mon effectif. Au début, tout le monde était présent en raison de la situation mondiale. Puis petit à petit, l’horizon s’est dégagé et les gens ont fini par quand même partir en vacances, si bien que ceux qui sont restés ont beaucoup joué et sont arrivés cramés à la reprise.

Du coup, pour cette reprise, quelle sera la formule magique pour éviter ce genre de contre-coup?

On doit se réinventer… Comme je l’ai dit avant, ça fait longtemps qu’on est à l’arrêt. Mais pas mal de gars courent pour se maintenir en forme. On a une dame qui viendra faire du gainage et le reste, ce sera course et terrain. En temps normal, on aurait fait six semaines de préparation. Mais là, on repart de zéro après ces trois mois de pause. Il faudrait en faire le double… Mais ce n’est pas possible. Bon, avec les messages qu’il y a sur le groupe (ndlr: what’s app), je sais que les gars ont hâte de reprendre et sont motivés.

A ce propos, personne n’a annoncé qu’il ne reprendrait pas en 2021?

A l’heure où je vous parle, personne ne m’a fait part de son intention d’arrêter. Par contre, je suis en train de travailler sur deux arrivées. Comme chez nous le budget de recrutement est de 0 franc, – et c’est très bien ainsi! – les gars qui viendront nous renforcer doivent avoir un esprit clubiste et être des bons vivants. Ils doivent adhérer à notre philosophie et participer à la dynamique de groupe.

Évidemment que tant que rien n’est fait, vous ne pouvez pas nous donner de noms…

Évidemment! Mais je vous tiendrai informé lorsque cela se sera concrétisé.

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