
Umberto Galeno a repris depuis cet été le flambeau de la seule équipe romande de LNB. En tête avant l’interruption du championnat, l’équipe s’entraine intelligemment en vue d’un retour à la compétition. Avec humilité, le coach nous raconte son parcours.
Umberto, vous étiez avant votre arrivée à YF très peu connu de la région du littoral, d’où venez-vous ?
Je suis bernois d’origine, de Burgdorf (Berthoud) où j’ai fait l’essentiel de ma carrière de footballeur. Depuis les juniors, j’ai atteint la première équipe avec une promotion en LNB. J’avais fait des tests à YB en tant que joueur qui n’avaient malheureusement pas été concluants.
J’ai rejoint, il y a 15 ans, la Suisse romande pour des raisons professionnelles. J’y ai rencontré ma femme et nous habitons la région de Nyon. Ça fait vite des heures en voiture et des kilomètres au compteur .. mais quand on est passionné de foot, ça devient un détail.
Mon Diplôme A en poche, j’ai commencé ma carrière d’entraineur avec les M15 de Meyrin avant de m’occuper de diverses catégories de juniors à Lancy. Le directeur technique de Meyrin m’avait donné envie d’entrainer. J’y ai rapidement pris goût.
Comment vous êtes-vous retrouvé dans le football féminin ?
C’est un ancien entraineur d’Yverdon Féminin, Antonio Maregrande, qui m’avait parlé en bien du football féminin. Pour être honnête, je ne m’y étais pas trop intéressé jusqu’à ce jour-là. Il m’avait dit: «C’est un football en plein développement. Tu verras, on y trouve beaucoup du plaisir !».
J’ai donc débuté au FC Pied-du-Jura avant de rejoindre YF au mois de juillet. C’est par hasard mais aussi par curiosité que je m’implique dans le foot féminin rempli d’engouement.
Vous avez repris les rênes d’une équipe très jeune à Yverdon.
Oui mais pas que! Nous avons un mixte idéal. Nous pouvons compter sur quelques solides et fidèles joueuses qui composent la colonne vertébrale de l’équipe. Elles permettent de cadrer idéalement les jeunes, dont, par exemple, Emeline Von Dach, sélectionnée en équipe de Suisse M19.
J’insiste particulièrement sur une très bonne organisation défensive. Pour preuve, nous avons la meilleure défense du championnat avec quatre buts encaissés en sept rencontres! Nous avons surtout trouvé, grâce aux filles, un très bon mixte entre la défense forte et un collectif qui s’aide. La cohésion d’équipe est notre force … sacré défi de maintenir cela avec les restrictions actuelles.
Photos: Hervé Nicolet.
Quelle organisation avez-vous mis en place pour que vos joueuses restent en forme ?
Notre dernier match était le 17 octobre. Depuis cette date, nous n’avons plus fait de match ni d’entrainement avec tout le groupe. Nous organisons des ateliers avec 4 joueuses uniquement et à tour de rôle pour respecter les mesures. Nous avons la chance d’avoir une très bonne implication des joueuses surtout pour les cession de renforcement en commun par Zoom qui sont toujours très animées.
En temps normal, il est déjà difficile d’exiger qu’une joueuse qui étudie ou travaille s’entraine quatre fois par semaine. Nous ne sommes pas des pros et venons tous de régions différentes. Chacune s’organise individuellement avec le soutien et suivi personnalisé de notre préparateur physique. Que ce soit de la course à pied, du vélo ou que sais-je, chaque joueuse reste active même durant les fêtes. Le Staff fait un super boulot et les filles se donnent à 1000% … Quoi de mieux ?
Objectifs: promotion à tout prix ?
On ne m’a jamais dit qu’il fallait absolument monter. Nous avons dû commencer par reconstruire une équipe avec de jeunes éléments. Alors oui, dans les faits, nous sommes en tête de classement après sept journées ce qui nous donne envie de rêver. Dans deux journées, nous pourrions aussi nous retrouver quatrièmes et là, le discours change. Ce qui m’importe, c’est gagner tous les matches. Ça n’a pas de sens, mais je préfère gagner tous les matchs et arriver premier que de monter en LNA.
Ce COVID nous laisse beaucoup d’incertitudes. Quand allons-nous pouvoir reprendre les entrainements en groupe? Comment? Selon la planification actuelle, les entrainements reprendront le 4 janvier, le championnat le 6 février. Il faudra qu’on soit prêts à cette date pour un match crucial face à un concurrent direct, Rapperswil-Jona (3e à 3 points d’YF). Les filles aimeraient toutes monter en LNA, mais il faut rester humble car nous en sommes encore loin. De plus, nous disputons également la Coupe de Suisse ce qui densifiera encore le calendrier.
Comment se passent les promotions-relégations ?
Le calendrier prévoyait 3 tours de 9 matches. L’ASF a décidé d’abandonner un tour, il y aura donc au maximum 18 journées dans la saison. Le championnat peut être validé dès 50% des matches disputés. Cela voudrait dire à mon avis que 9 journées suffiraient au lieu de 14!
Cette saison est très spéciale du fait que l’Axa Super League (LNA) passera de 8 à 10 équipes dès la saison prochaine. Il est prévu que les deux premières équipes soient promues. La troisième disputera un barrage contre la dernière équipe de LNA. (actuellement Lugano – 13 matchs, 0 point, 2 buts marqués. 70 encaissés). On ne va pas se mentir, c’est l’année de plus grandes chances de promotion, profitons-en!
Le COVID ne pénalise-t-il pas les clubs de LNB voulant rejoindre la 1re division?
J’ai un peu suivi la LNA puisqu’elles (ndlr: les équipes) continuent à jouer. La différence se creuse? Je ne pense pas. Nous nous entrainons quand même pour tenir la route physiquement. Il est évident que les automatismes sont certainement mieux en place en LNA du fait que les clubs continuent à jouer. S’il y a promotion ou barrage, nous pourrons rivaliser avec notre modeste contingent.
Nouveaux vestiaires et stade rénové pour la reprise. Un plus?
Oh que oui. Nous sommes impressionnés par les nouvelles infrastructures mises à notre disposition. Nous espérons pouvoir profiter en collaboration avec Yverdon Sport d’un maximum d’installations.
