
Simão Costa (45 ans) succédera à Florian Simonin sur le banc du FC Béroche-Gorgier, cet été. Le technicien portugais est le nouvel entraîneur du club bérochal où il s’est entendu avec les dirigeants, pour la saison 2021-22.
Le FC Béroche-Gorgier a mis fin au suspense concernant la succession de Florian Simonin. Le Vaudois, qui avait annoncé son intention de quitter le club du littoral neuchâtelois à la fin du présent exercice, sera remplacé par Simão Costa, figure bien connue du microcosme footballistique cantonal.
Après avoir entraîné le FC Coffrane (2019-20), le coach lusitanien retrouve ainsi un banc de 2e Ligue neuchâteloise. L’ancien joueur pro (ndlr: à ses débuts, il avait notamment côtoyé les Moldovan, Aleksandrov, Ivanov et Detari à Xamax, évoluant sous les ordres de Gilbert Gress avec l’équipe A et sous ceux de Lucien Favre avec les espoirs) s’est confié à Littoralfoot.ch. Il a expliqué les raisons qui l’ont poussé à relever le challenge bérochal.
Simão, après le brillant demi-exercice réalisé avec Coffrane la saison dernière, vous étiez en stand-by et vous aviez des touches à l’étranger, notamment au Portugal. Votre arrivée dans un club familial comme Béroche-Gorgier est un brin surprenante, ne s’agit-il pas, dans votre trajectoire d’entraîneur, d’un pas en arrière?
Non. Permettez-moi de bien resituer les choses. En 2008, quand je suis revenu en Suisse, petit à petit, il y a eu la possibilité d’aller entraîner une équipe de 3e Ligue dans une ambiance détendue. Puis, plus tard, je suis arrivé en 2e Ligue, et c’est là que la bête s’est réveillée. Et depuis lors, je veux mettre toutes mes forces pour évoluer en tant qu’entraîneur et si j’arrive à devenir professionnel un jour, je saisirai cette opportunité. C’est une question d’ambition. Si je peux aller de l’avant, passer à un niveau supérieur ou peut-être même partir à l’étranger, je ne vais pas dire non. Mais le premier pas, c’est déjà de bien faire le travail ici à Saint-Aubin, lors du prochain exercice.
Oui, mais entre Coffrane et Béroche-Gorgier, il y a quand même un monde, aux niveaux philosophique et des moyens mis à disposition…
La philosophie d’un club est une chose, le niveau de son équipe première en est une autre. Bien sûr, tout le monde connaît les différences de philosophies entre un club comme Coffrane et des clubs comme Béroche, Marin ou Audax, par exemple. Ce que j’essaie de faire quand j’arrive quelque part, c’est de m’adapter et de vivre selon les préceptes établis. Je ne considère dès lors pas mon arrivée à Béroche-Gorgier comme un pas en arrière, mais plutôt comme un pas de côté. Je suis dans la même division que lorsque j’entraînais Coffrane. Béroche, c’est une équipe que j’ai toujours respectée, admirée. J’ai suivi certaines des épopées de cette formation en coupes, notamment ses finales en Coupe neuchâteloise. Il y a une ossature de joueurs qui me plaisent, de par leurs qualités techniques individuelles et leur mentalité. Et en plus, Béroche joue toujours le haut du tableau. Cela m’offre la garantie de pouvoir bien y travailler, avec des objectifs intéressants.
L’institution Béroche-Gorgier, on l’imagine, attisait d’autres convoitises que les vôtres, comment avez-vous réussi à faire pencher la balance en votre faveur? Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre engagement?
On était 5-6 candidats d’après ce que j’ai compris. Je ne suis pas meilleur que les autres personnes qui ont été approchées. J’ai juste fait part d’idées qui ont plu. Après, selon le feedback que j’ai reçu de la part des personnes qui m’ont recruté, la qualité du jeu que mon équipe présentait lorsque je dirigeais Coffrane a aussi parlé pour moi. Alors, il faut évidemment rendre hommage aux joueurs qui composaient mon équipe à l’époque, parce que l’entraîneur n’est pas sur le terrain et les résultats, ce sont les joueurs qui les obtiennent. Mais, au-delà des qualités individuelles, il y avait une force collective, une qualité de jeu qui a marqué les esprits. Pour moi, c’est important, parce que c’est là-dedans que l’on reconnait le travail d’un entraîneur. Un coach peut avoir une addition de talents individuels, mais c’est à lui de trouver la bonne formule pour créer un collectif et que ce collectif présente un beau jeu.
Un autre point qui me tient à coeur, c’est le fair-play. Il faut savoir gagner et il faut aussi savoir perdre. Bien sûr, je préfère gagner 50 fois que perdre à deux reprises. Mais quand ça arrive, il faut savoir perdre. Et ça c’est aussi ressorti dans les discussions. Il a été remarqué que quand j’étais à Coffrane, l’équipe était très très correcte, qu’elle avait une bonne attitude. Je vous donne un exemple: si, dans un match, l’arbitre siffle une faute inexistante, cela ne sert à rien d’aller lui gueuler dessus, de l’insulter. Cela ne changera rien, il a pris sa décision. Et si on joue à très haut niveau, il y a la VAR qui va venir à la rescousse. Mais à notre niveau, on risque de perdre des forces et de la concentration, de dépenser de l’énergie pour quelque chose qui ne changera, de toute manière, pas.
Et en plus, il y a le risque de se mettre l’arbitre à dos, pour le reste du match… Voire de la saison…
Exactement! De par mon attitude et celle de l’équipe à Coffrane, il y a eu 2-3 situations limites où l’arbitre aurait pu siffler ou non un penalty contre nous. Et l’arbitre n’a pas sifflé, sans doute parce que nous étions corrects, respectueux. En tant que joueurs et entraîneurs, on doit faciliter la tâche des arbitres, selon moi. Je le leur dis systématiquement lorsqu’ils viennent faire le contrôle au vestiaire. Parce que si l’arbitre fait un bon match, il nous aide aussi, ainsi que nos adversaires, évidemment.
Bref, je pense que ces sont ces points qui m’ont valu d’être choisi. Mais j’étais aussi en course pour d’autres postes, au Portugal cette année, et d’autres critères ont prévalu et quelqu’un d’autre a été pris. C’est le jeu. Aux autres personnes qui n’ont pas été engagées, j’aimerais dire qu’elles ne se découragent pas et qu’elles continuent de travailler, de se former. J’aimerais leur laisser un mot d’encouragement, parce que je sais ce que c’est d’être en stand-by puisque j’étais à la maison depuis la fin de mon travail à Coffrane.

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