
Alors que les noms de Ludovic Magnin, de Stéphane Henchoz ou encore de Sébastien Bichard se murmuraient en coulisse, Yverdon Sport a annoncé mardi soir l’engagement d’Uli Forte comme entraîneur principal, au lendemain du licenciement de Jean-Michel Aeby. Par téléphone, nous nous sommes entretenus avec le nouvel arrivé. Interview.
Uli, qu’est-ce qui vous a poussé à accepter le défi proposé à Yverdon?
D’abord, jusqu’à hier, j’étais un entraîneur au chômage. Ensuite, le projet qui m’a été présenté est absolument magnifique et j’ai toujours bien aimé la ville d’Yverdon. On s’y arrêtait régulièrement lors des déplacements avec les équipes que j’ai dirigées précédemment.
Ce projet, par qui vous a-t-il été présenté, et comment ont eu lieu les premiers contacts avec le club?
C’est Marco Degenarro (ndlr: le directeur général d’YS) qui m’a contacté. Avec Marco, on se connait depuis une quinzaine d’années et on s’apprécie. On se croisait régulièrement lorsqu’il était en poste à Bellinzone ou à Sion et que j’étais à la tête des adversaires de ces clubs. Il m’a appelé et je me suis dit: «pourquoi pas, ça a l’air intéressant», et du coup, je suis venu discuter. Le président et lui m’ont présenté le projet qui est ambitieux. On veut construire quelque chose de beau ici. Je me souviens du Stade Municipal du temps où j’étais joueur. Il était déjà vétuste à l’époque! Mais, là, avec la nouvelle tribune, les vestiaires et le nouvel espace, il faut avouer que c’est très joli. Et apparemment, il ne s’agit que d’un début. Ce stade va devenir un vrai bijou! Le président m’a aussi parlé de son intention de bâtir un campus pour les jeunes, ça m’a vraiment convaincu.
A ce propos, vous êtes là pour combien de temps, le club n’a pas communiqué concernant la durée de votre contrat…
On s’est mis d’accord pour deux ans. On ne peut rien bâtir sur le court terme.
Avez-vous déjà rencontré vos joueurs?
Oui, on a terminé les négociations concernant mon engagement en début de soirée et comme les joueurs avaient un repas d’équipe, on m’y a conduit pour les rencontrer. J’ai salué tout le monde et j’ai dit quelques mots. Je donnerai mon premier entraînement demain matin (ndlr: jeudi). Il y a beaucoup de travail!
Justement, par quoi allez-vous commencer?
Je vais déjà essayer de beaucoup parler avec les joueurs. Après trois défaites en autant de rencontres, il faut leur redonner confiance. Je vais essayer de comprendre où se trouve le problème. Et puis, on va évidemment bosser la tactique et évaluer leur condition physique afin de prendre les mesures adéquates pour permettre à l’équipe de progresser.
La prochaine échéance, c’est la Coupe, samedi à Seuzach… Puis, le week-end d’après, c’est Xamax, leader invaincu de Challenge League, qui se déplacera dans le cadre du derby du lac… Autant dire que vous vous retrouvez déjà dans l’urgence…
Oui. Et il faudra absolument gagner pour passer ce premier tour. Le focus est intégralement réglé sur Seuzach. On pensera à Xamax après ce match de Coupe!
On sait que la fenêtre des transferts est encore ouverte… Avez-vous des idées derrière la tête à ce niveau?
Je dois encore discuter de ça avec le président et le directeur général. Je ne peux pas encore dire quoi que ce soit à ce sujet.
Concentrons-nous un peu plus sur votre personne et votre parcours. Vous aviez, pour ainsi dire, disparu des radars depuis février 2020 et votre licenciement de Grasshopper. Qu’avez-vous fait entre votre départ de GC et votre arrivée à Yverdon?
J’ai fait un CAS (ndlr: Certificate of Advanced Studies) en Sport Management à l’université de Saint-Gall. Ce papier devrait me permettre de devenir, un jour, directeur sportif. Christoph Spycher (ndlr: actuel directeur sportif d’YB), notamment, a suivi ce cursus. C’était intéressant, parce qu’il y avait des gens qui venaient de diverses disciplines sportives et d’autres qui venaient de l’économie privée. On m’a souvent demandé si je voulais rapidement devenir directeur sportif d’un club, mais j’ai fait ça pour l’avenir, puisque j’avais le temps en tant que chômeur. Mon but était et est encore d’entraîner quelques années.
Sur le plan privé, vous êtes père de famille, est-ce que votre famille va vous rejoindre à Yverdon?
Non, pour des raisons scolaires principalement, ma famille va rester à Zurich. Mais je compte rapidement trouver un appartement à Yverdon et quitter l’hôtel dans lequel je loge actuellement.
